Un pesticide de plus mis en cause dans la surmortalité des abeilles

 

Depuis de nombreuses années, les abeilles sont victimes de surmortalité : alors que le taux de mortalité naturel chez ces insectes est voisin de 3% à 5%, depuis plus de dix ans, celui ci a fortement augmenté et approche aujourd’hui les 30 à 35 %.

De nombreuses causes ont été identifiées, parmi elles, celle des pesticides. Après le combat contre le Régent et le Gaucho deux pesticides commercialisés par la firme Bayer, l’étude publiée le 30 mars dernier par les scientifiques de l’INRA (institut national de recherche agronomique) dans le magazine américain science, met en cause à nouveau cette famille de pesticides : les néonicoténoïdes. Ces molécules agissent sur le système nerveux des insectes.

Ce qui est nouveau c’est que l’INRA qui n’avait pas vraiment défendu les apiculteurs dans leurs démêlés avec Bayer est cette fois à l’origine de l’étude qui montre de manière incontestable les effets désastreux de ces pesticides sur les abeilles qui doit on le rappeler ont un rôle fondamental dans la pollinisation d’un très grand nombre d’espèces végétales. C’est en collant des puces sur le thorax des insectes qu’ils ont pu décompter les abeilles qui ne parvenaient pas à rejoindre leur ruche (rappelons que les abeilles ne peuvent vivre en dehors de leur colonie).

Verdict sans appel : les abeilles mises au contact du pesticide perdent le sens de l’orientation et ont deux à trois fois plus de chance de ne pas retrouver leur colonie en comparaison à des abeilles non exposées. Le produit mis en cause : le Cruiser sert à enrober certaines semences de maïs et de colza mais se retrouve dans le pollen de ces plantes.

Bien évidemment, on s’en doute, le groupe suisse Syngenta qui commercialise le Cruiser mis en cause conteste les résultats de l’étude mais les scientifiques tiennent bon et la publication dans le prestigieux magazine américain science est de bonne augure. La balle est maintenant dans le camp de l’AFSSA et de la Direction du Végétal et de l’Environnement (DIVE) qui délivre les autorisations de mise sur le marché des produits incriminés. Mais ce qui désespère les apiculteurs, c’est que ces produits identifiés depuis longtemps comme problématiques risquent encore de faire des ravages avant d’être définitivement interdits à la commercialisation. En attendant, les colonies se meurent et ne croyez pas que la Haute-Savoie ne soit pas concernée, elle est au contraire touchée de plein fouet. Enfin l’étude ne dit rien sur l’impact sur les agriculteurs manipulant ces semences et les consommateurs indirects de ces végétaux…

 

Frédéric Grangerat

 

Pour en savoir plus :

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/03/a.html

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/29/le-declin-des-abeilles-precipite-par-les-pesticides_1677865_3244.html

http://www.larecherche.fr/content/actualite-vie/article?id=31594

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