Visite de La Belle Orange

«Ils sont trois amis, Julien, Chiara et Pablo, qui vivent sur place et travaillent avec plusieurs agriculteurs andalous , les fruits de saison. Ils réservent les fruits dans l’arbre, les cueillent et les conditionnent en faisant très attention au choix de fruits mûrs, savoureux, et d’une grande qualité. La Belle Orange soutient de petits producteurs engagés, aux pratiques écologiques avancées. Leurs employés sont déclarés et travaillent dans de bonnes conditions. Ils établissent une rémunération juste et fixe aux producteurs, garantissant un tarif fixe au consomm’acteur. »


Les fruits de la vallée de Guadalhorce
En vacances durant le mois de janvier en Andalousie, j’en ai profité pour aller rendre visite à la Belle Orange, le fournisseur de nos fruits andalous à la coop de Taninges. C’est une vallée près de Malaga.
J’avais rendez vous avec Julien, notre contact à la Belle Orange au village de Pizarra, dans leur local.
La Belle Orange exporte depuis 2018, des produits alimentaires issus de cette vallée pour des consommateurs français. Ces 3 associés Julien, Pablo et Chiara ont fait le choix de s’implanter dans la zone pour travailler directement en lien avec les petits producteurs locaux.
Les valeurs de la belle orange s’appuient sur des valeurs de respect de l’environnement, mais aussi des personnes tant en ce qui concerne les producteurs que les consommateurs. Le choix de leur fonctionnement, permet d’être au plus près des besoins des consommateurs comme des producteurs tout en garantissant la qualité des produits.

Un lien permanent avec les agriculteurs leur permet de proposer des produits toujours de grande qualité tout en garantissant un prix juste aux paysans.

Leur choix se porte essentiellement sur des producteurs bio de petite taille.
Les producteurs sont sélectionnés pour leur engagement éthique et ils connaissent personnellement chaque
agriculteur. Ils ont fait le choix de petites structures agricoles pour encourager les petits producteurs et bien connaitre les produits.

Ils sont également à l’écoute des consommateurs à l’autre bout de la chaine, afin de s’ajuster aux demandes, répondre aux besoins, et se réadapter si besoin. Ce mode de fonctionnement est assumé comme étant une démarche d’« écologie intérieure ».

Chiara, Francisco et Julien au milieu des citronniers / Ramassage de pamplemousses (ci dessous)

Nous partons à 2 camions, devant nous les cueilleurs que nous suivons. Le camion de Julien nous emmène chez Francisco Alcantara Rosas, producteur de pamplemousses, d’oranges ,de citrons, de mandarines et d’olives à travers la montagne ; Il est âgé de 83 ans, et ne sait pas ce que vont devenir ses vergers après lui … Il est au bord de la rivière, a un réservoir d’eau et n’a pas de souci d’irrigation. Nous dégustons des mandarines au milieu de son verger. La récolte de pamplemousses est faite, les ouvriers chargent les caisses dont la belle orange a besoin.

Nous continuons chez Manuel Vera Palacios, producteur de pamplemousses, d’oranges, citrons, mandarines. Les ouvriers de la belle orange cueillent les pamplemousses qui vont compléter la première récolte du matin. Nous, nous enfilons les bottes !!Les fruits sont cueillis sur l’arbre jusqu’au dernier, la récolte se fait au fur et à mesure des arbres. Les fruits non cueillis sur les arbres suivant, attendront la prochaine récolte, donc les prochaines commandes de la belle orange. « Les fruits se conservent toujours mieux sur l’arbre que dans les frigos !! » nous dit Julien. Ils cueillent au fur et à mesure de leur besoin et ne font pas de stock ;
Un puits lui permet d’avoir toujours de l’eau à disposition et l’engrais naturel lui permet de temps en temps d’apporter des nutriments à sa terre.

En 2012, sa propriété a subi une grande inondation (comme cela arrive lors des épisodes méditerranéens), qui a détruit la plupart de ses arbres fruitiers. Mais le limon drainé par le fleuve apporte de la richesse à ses terres. Aujourd’hui il a reconstitué ses vergers et il cultive surtout des agrumes, qu’il nous fait déguster.

Il nous montre aussi son coin où il fait ses propres plants, ses greffes, son potager, où il nous fait déguster ses tomates … il a même des dattes. Il est intarissable sur ses plantations, ses projets.

On a du mal à partir … mais nous reprenons la route vers Coin, chez José Robles Martin, producteur d’avocats, culture qui a besoin d’eau et pour laquelle il y a de plus en plus de demandes. Cet homme vient de faire labelliser ses parcelles d’avocats. Il a le souci de sa consommation d’eau : Il a mis en place un système avec une tranchée afin de connaître l’état des racines de ses avocats qui l’avertissent quand ils ont besoin d’eau, il a mis en place également des tensiomètres afin d’éviter le gaspillage d’eau et maintenir ses arbres en bonne santé. Il plante également entre les rangs d’avocats, des légumineuses qui vont nourrir le sol.

Les avocats sont cueillis avant maturité : un avocat sur l’arbre n’est pas immédiatement consommable, il est dur et il faut le cueillir et attendre une ou 2 semaines avant qu’il soit mous. Cependant, les avocats avant maturité, c’est à dire avant leur période de récolte auront moins de lipide et de bons oméga 3, parfois, ils prendront du temps à se ramollir ou ne le feront jamais bien. La Belle Orange met un point d’honneur à récolter les fruits pendant leur période de maturité (sinon ce serait vraiment une mauvaise utilisation du produits) Il a aussi son propre potager et nous offre une cagette de patates …

La Belle Orange a fait le choix de ne pas utiliser de chambre froide et de ne pas stocker.
Les fruits une fois ramassés sont acheminés au local, en fourgonnette. Ils sont simplement triés (les petits ou abimes sont écartés) et pesés. Il n’y a ni lavage ni chambre froide.
Une fois mis en caisse, ils sont constitués en palettes. Les palettes sont confiées à des transporteurs : un depuis le local jusqu’à Perpignan puis c’est remis à un transporteur français qui les achemine jusqu’à Reignier ; puis ils sont acheminés vers les points de vente par fourgonnette ;
Les fruits sont récoltés en général le mardi, pour être en France le vendredi.

Local de la Belle Orange à Pizarra, Julien, notre réferent

Les modes de culture avec lesquelles ils travaillent sont bio. Ils ne travaillent pas avec des intermédiaires et travaillent avec des producteurs dont ils peuvent assurer la traçabilité. Chiara, qui s’occupe du lien avec les producteurs, va les rencontrer régulièrement, environ tous les 2 mois. Elle est avec nous ce matin et l’on sent tout de suite qu’elle les connait bien, dans sa façon chaleureuse de les aborder, de les entourer.

Afin de permettre la pérennisation de l’activité économique des acteurs, les commandes sont réservées en amont, bien avant le moment des récoltes (surtout pour ce qui est des fruits critiques, comme les avocats) et on paye parfois en avance. De plus, le prix est dans certains cas négocié à la hausse, si la B.O. estime que le producteur peut être mieux rémunéré pour son travail.
Ci contre : Les tomates de José

En Espagne, La Belle Orange a une équipe de 6 permanents : 3 associés, 2 salariés permanents, 1 salarié indépendant, et en saison forte, Ils ont jusqu’à 5 salariés intérimaires (3 à 4 jours par semaine)

Ils ne peuvent pas directement embaucher des travailleurs en France, les personnes qui travaillent pour eux en France le font comme auto-entrepreneur ou sous une forme d’entreprise, dans les 2 cas, ils leur refacturent.

Cette visite qui se termine m’a permis de mettre des visages en lien avec les fruits que l’on consomme et que l’on propose à la COOP. Elle m’a conforté dans ce choix avec la Belle orange qui véhicule des valeurs fortes de respect des producteurs, des fruits et de la terre.

Ces produits viennent de loin …des questionnements persistent dans notre logique de circuits courts, mais pourrions-nous y avoir accès sous une autre forme ? Ce qui est sûr, c’est que la qualité des produits proposées, les relations humaines qui sont tissées entre tous les acteurs (producteurs, consommateurs, employées) sont pour notre groupe un gage de « délice » !!